Plantes oxygénantes pour bassin : lesquelles choisir et combien en mettre ?

Les plantes dites « oxygénantes » font partie des végétaux les plus intéressants pour structurer la vie sous l’eau d’un bassin. Leur feuillage immergé offre des refuges à la petite faune et certaines espèces produisent de l’oxygène pendant la photosynthèse.

Mais leur rôle est parfois exagéré. Une plante oxygénante ne garantit pas à elle seule une eau suffisamment oxygénée, et planter davantage n’est pas toujours bénéfique. Certaines espèces deviennent même très vigoureuses.

Le choix doit donc tenir compte de l’espèce exacte, de la profondeur, de l’exposition, de la place disponible et de l’usage du bassin.

Réponse rapide : quelles plantes oxygénantes choisir ?

Parmi les plantes intéressantes pour un bassin de jardin en France, on peut notamment retenir le cornifle immergé (Ceratophyllum demersum), le myriophylle en épis (Myriophyllum spicatum), la renoncule aquatique (Ranunculus aquatilis) et la pesse d’eau (Hippuris vulgaris).

Il n’existe cependant pas de nombre universel de plantes par litre d’eau. Le plus raisonnable consiste à commencer avec une quantité modérée, laisser les plantes s’installer, puis compléter ou éclaircir en fonction de leur développement.

À quoi servent réellement les plantes oxygénantes ?

L’expression « plante oxygénante » désigne généralement des plantes dont une grande partie du feuillage se développe sous l’eau. En présence de lumière, elles réalisent la photosynthèse et peuvent alors libérer de l’oxygène dans l’eau.

  • créer des refuges pour les petits organismes aquatiques ;
  • offrir des supports de ponte ou de développement ;
  • occuper une partie des nutriments disponibles ;
  • structurer les zones immergées ;
  • participer à la concurrence entre végétaux et algues.

Il faut cependant éviter de considérer ces plantes comme des aérateurs naturels fonctionnant en permanence. La photosynthèse dépend notamment de la lumière, tandis que les plantes respirent également. Lorsque la photosynthèse cesse la nuit, l’oxygène dissous peut donc diminuer, surtout dans un milieu très végétalisé.

Dans un bassin très chargé en poissons ou soumis à une forte chaleur, la présence de plantes ne doit donc pas empêcher d’évaluer séparément le besoin d’un aérateur de bassin.

Quelles plantes oxygénantes choisir pour un bassin ?

Toutes les plantes immergées n’ont pas le même comportement. Certaines flottent librement entre deux eaux, d’autres s’enracinent et certaines possèdent à la fois une partie immergée et une partie émergée.

Tableau Bassin Pratique : quatre espèces à connaître

EspèceTypeProfondeur indicativeExpositionDéveloppementPoint de vigilance
Cornifle immergé (Ceratophyllum demersum)Immergée, sans véritable enracinementPleine eau, profondeur variableSoleil à lumière modéréeRapidePeut former des masses importantes
Myriophylle en épis (Myriophyllum spicatum)Immergée enracinéeJusqu’à env. 1 m d’eau selon les conditionsSoleil à mi-ombreVigoureuxÀ contrôler dans les petits bassins
Renoncule aquatique (Ranunculus aquatilis)Immergée et flottanteEnv. 15 à 60 cm comme repère horticoleBonne luminositéVariable à vigoureuxPeut s’étendre lorsqu’elle se plaît
Pesse d’eau (Hippuris vulgaris)Immergée et émergenteEnv. 5 à 40 cmSoleil à mi-ombreProgressif par rhizomesPeut coloniser progressivement une zone

Ces profondeurs sont des ordres de grandeur horticoles, pas des limites biologiques absolues. Elles peuvent varier selon la présentation du plant, la hauteur du panier et les conditions du bassin.

Le cornifle immergé : simple et totalement submergé

Le cornifle immergé (Ceratophyllum demersum) est particulier car il ne possède pas de véritables racines. Il peut vivre librement entre deux eaux. Son feuillage dense constitue un abri intéressant pour la petite faune aquatique, mais ses longues tiges peuvent former des masses importantes et nécessiter une limitation régulière.

Le myriophylle en épis : intéressant, mais à bien identifier

Myriophyllum spicatum, le myriophylle en épis, développe de longues tiges couvertes de feuilles très finement découpées. Il peut devenir vigoureux dans de bonnes conditions et doit donc être contrôlé dans un petit bassin.

L’identification botanique est particulièrement importante : il ne faut pas le confondre avec le myriophylle du Brésil, Myriophyllum aquaticum, qui figure parmi les espèces exotiques envahissantes réglementées en France métropolitaine.

La renoncule aquatique : végétation et floraison

La renoncule aquatique (Ranunculus aquatilis) associe une végétation immergée à des feuilles pouvant atteindre la surface et une floraison blanche. Elle est présente naturellement en France et peut se développer dans différents types de milieux aquatiques. En bassin, elle peut devenir vigoureuse lorsqu’elle se plaît.

La pesse d’eau : intéressante pour les zones peu profondes

La pesse d’eau (Hippuris vulgaris) possède une partie immergée et des tiges qui peuvent émerger de la surface lorsqu’elle est installée à faible profondeur. Elle se développe par rhizomes et peut progressivement occuper beaucoup d’espace ; dans un petit bassin, un panier facilite généralement la maîtrise de son extension.

Combien de plantes oxygénantes faut-il mettre ?

Les recommandations publiées utilisent des unités très différentes : bouquets par volume d’eau, plants au mètre carré, pourcentage de surface végétalisée ou nombre de variétés. Ces approches ne mesurent pas exactement la même chose.

Un « bouquet » de cornifle ne représente pas la même quantité de végétation qu’un plant de pesse d’eau en godet. Une petite plante nouvellement installée ne représente pas non plus la même biomasse quelques mois plus tard.

Méthode Bassin Pratique : planter sans fausse précision

  1. Commencez avec une plantation modérée. Conservez des zones d’eau libre et de la place pour la croissance.
  2. Répartissez les végétaux selon leurs besoins. Une plante de faible profondeur et une plante de pleine eau ne doivent pas être installées au même niveau par principe.
  3. Laissez passer une période de croissance. Certaines espèces prennent rapidement beaucoup de volume.
  4. Observez avant de compléter. Regardez la reprise, la croissance, les zones vides et la qualité générale du bassin.
  5. Éclaircissez si nécessaire. L’objectif n’est pas d’obtenir la plus grande masse végétale possible.

Quelles plantes selon le type de bassin ?

SituationOrientation possible
Petit bassinPréférer peu de végétation au départ et surveiller les espèces vigoureuses
Bassin décoratif peu peupléMélanger végétation immergée et autres familles de plantes sans surcharger la surface
Bassin avec poissonsPrévoir des plantes résistantes et ne pas compter sur elles seules pour traiter la charge biologique
Bassin naturel ou biodiversitéPrivilégier des espèces correctement identifiées et adaptées au contexte local
Bassin très ensoleilléAssocier plantes immergées et couverture partielle de surface

Cette démarche complète notre guide consacré au choix des plantes d’un bassin, qui permet de répartir les végétaux entre berges, zones marginales, pleine eau et surface.

Comment planter des plantes oxygénantes ?

La méthode dépend directement de l’espèce. Pour une plante enracinée, un panier aquatique est souvent pratique dans un bassin avec bâche : utilisez un substrat adapté, placez la plante à la profondeur correspondant à l’espèce et descendez éventuellement le panier progressivement pendant la reprise.

Le cornifle ne se plante pas de la même manière puisqu’il est dépourvu de véritables racines. Selon la forme achetée et le bassin, ses tiges peuvent être laissées libres dans l’eau ou maintenues de façon adaptée.

Pourquoi les plantes oxygénantes ne poussent-elles pas ?

La lumière est insuffisante

Une eau très trouble ou une profondeur importante diminue la lumière disponible pour les végétaux immergés.

La profondeur est inadaptée

Une espèce prévue pour un palier peu profond ne réagira pas comme une plante de pleine eau. Vérifiez la profondeur à partir du niveau réel du panier ou du point de croissance.

Les algues prennent le dessus

Une forte présence d’algues filamenteuses peut emprisonner et ombrager les jeunes plantes. Il faut alors chercher la cause du problème plutôt que simplement ajouter davantage de végétation. Consultez notre guide sur les algues filamenteuses dans un bassin.

La plantation est récente ou les poissons l’endommagent

Une plante aquatique peut avoir besoin de temps pour s’acclimater. Certaines grandes espèces de poissons peuvent également arracher les végétaux, fouiller les paniers ou consommer des pousses tendres.

Les plantes oxygénantes suffisent-elles avec des poissons ?

Non, pas systématiquement. Elles peuvent contribuer au fonctionnement du bassin, mais elles ne compensent pas automatiquement une population excessive, une filtration insuffisante, une forte accumulation de matière organique ou une consommation importante d’oxygène lors d’un épisode de chaleur.

Plus la population et le nourrissage augmentent, plus il faut raisonner sur l’installation complète : volume, filtration, circulation, oxygénation et qualité de l’eau. Notre guide sur les poissons de bassin permet de replacer ce choix dans le dimensionnement global.

Attention aux plantes interdites ou envahissantes en France

Cette vérification doit être faite avant l’achat, notamment lorsque vous consultez une ancienne liste de « meilleures plantes oxygénantes ». L’arrêté français relatif aux espèces végétales exotiques envahissantes inclut notamment plusieurs plantes aquatiques autrefois commercialisées ou recommandées pour les bassins.

  • Cabomba caroliniana — cabombe de Caroline ;
  • Lagarosiphon major — grand lagarosiphon ;
  • Myriophyllum aquaticum — myriophylle du Brésil ;
  • Elodea nuttallii — élodée à feuilles étroites ;
  • Myriophyllum heterophyllum ;
  • Pistia stratiotes — laitue d’eau.

Pour les espèces concernées, la réglementation encadre notamment l’introduction, la détention, l’utilisation, l’échange, la vente et l’achat de spécimens vivants, sous réserve des exceptions prévues par les textes. Vérifiez toujours le nom scientifique exact.

Comment entretenir les plantes oxygénantes ?

L’entretien consiste principalement à contrôler leur développement. Lorsque la végétation devient trop dense, retirez seulement une partie des plantes, procédez progressivement et retirez les parties mortes susceptibles de se décomposer dans l’eau. Les fragments retirés ne doivent jamais être jetés dans une mare, un fossé, une rivière ou un autre milieu aquatique naturel.

Quelles plantes oxygénantes choisir finalement ?

Pour un bassin classique, il est plus logique de choisir quelques espèces adaptées aux différentes profondeurs disponibles que de rechercher une plante « parfaite ».

Le cornifle immergé est intéressant pour créer rapidement une végétation totalement submergée. Le myriophylle en épis offre également un feuillage immergé dense mais demande une surveillance de son expansion. La renoncule aquatique associe végétation sous l’eau et floraison, tandis que la pesse d’eau convient particulièrement bien aux zones moins profondes.

Dans tous les cas : choisissez d’abord l’espèce adaptée au bassin, plantez modérément, observez son développement et ajustez ensuite.

Sources consultées